01.01.2007
Hugo-melancholia 1
Ecoutez.Une femme au profil décharné,
Maigre,blême,portant un enfant étonné,
Est là qui se lamente au milieu de la rue,
La foule,pour l'entendre autour d'elle se rue.
E lle accuse quelqu'un une autre femme,ou bien
Son mari.Ses enfants ont faim,elle n'a rien;
Pas d'argent,pas de pain;à peine un lit de paille.
L'homme est au cabaret pendant qu'elle travaille.
Elle pleure et s'en va.Quand ce spectre a passé,
O penseur,au milieu de ce groupe amassé,
Qui vient de voir le fond d'un coeur qui se déchire,
Qu'entendez vous toujours?Un long éclat de rire.
Cette fille au doux front a cru peut-être un,jour
Avoir droit au bonheur,à la joie,à l'amour
Mais elle est seule,elle est sans parent ,pauvre fille
Seule!N'importe!Elle a du courage,une aiguille,
Elle travaille,et peut gagner dans son réduit,en travaillant le jour,en travaillant la nuit,
Un peu de pain,un gîte,une jupe de toile.
Le soir,elle regarde en rêvant quelque étoile,
Et chante au bord du toît tant que dure l'été
Mais l'hiver vint,il fait bien froid en vérité,
Dans ce logis mal clôs tout en haut de la rampe;
Les jours sont courts,il faut allumer une lampe
L'huile est chère,le bois est cher le pain est cher
O jeunesse,printemps,aube,en proie à l'hiver !
La faim passe bientôt sa griffe sous la porte...
04:15 Publié dans poèsie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : HUGO, les contemplations


